LE TEIDE, SA FAUNE ET FLORE :

Bien que toute époque soit bonne pour monter au Teide, le printemps est sans doute la saison, le moment éphémère où le spectacle de la floraison et de la pollinisation se trouve en son point culminant.

Si la brève contemplation du paysage nous apporte une image de désert stérile, une légère approche transformera cette aridité en fécondité, fruit de la végétation particulière qui enrichit les torrides gorges.

Il y a plusieurs conditions qui déterminent l’exclusivité et la beauté  de la faune et de la flore du Teide. Une d’entre elle est la condition insulaire des Îles Canaries, relativement éloignées du continent Africain, tout comme leurs compagnons de la région de la Macaronésie (les Canaries, les Açores, Madère et l’archipel des Cap vert). Cette situation a contribué à une différenciation claire de la faune et de la flore insulaires,  en donnant lieu à des espèces uniques appelées génériquement endémiques.

Comme exemple évident de ce processus de génération d’espèces différentes ou spéciation, il convient de mentionner la différenciation des grands lézards dans chacune des Îles Canaries, avec des particularités de taille, de couleur et de comportement. Ici, ce sont ces reptiles qui abondent de partout, et auxquels  on finit par s’habituer comme on s’habitue aux moineaux et aux colombes dans les villes. Toutefois je vous encourage à apprécier un instant leur observation, et à découvrir le comportement territorial caractéristique des mâles : en émettant des soufflements  et en déplaçant la tête, ils défendent leur petite parcelle de terrain.

Une des caractéristiques climatique de l’île de Tenerife est l’intense insolation et le fort contraste thermique entre le jour et la nuit, qui peut dépasser les 36°C pendant le journée et 16°C pendant la nuit. Il faut compter en outre, pendant la saison froide, la fameuse « cencellada », qui n’est autre que la formation de cristaux de glace qui peuvent aller jusqu’à 15 cm de longueur sur les feuilles des plantes.

Toutes ces conditions si spéciales, extrêmes et particulières, unies à la pénurie de sol fertile, et à la richesse de la nature endémique des Îles Canaries , ont produit une flore spécifique, frappante, avec un bon nombre d’espèces exclusives adaptées adaptées à un climat typiquement stérile. La végétation est fondamentalement arbustive, et adopte des formes trapues et compactes, avec des feuilles et des branches résistantes à la sécheresse et à l’insolation, et des racines abondantes et profondes. En opposition avec une austérité de formes, il existe une floraison printanière inhabituelle et colorée, exagérée dans sa production de semences pour assurer la survie dans un milieu inhospitalier comme celui-ci. Vous serez surement surpris par les inflorescences géantes, qui vont jusqu’à trois mètres de haut, des Tijinastes rouges  ou bleus, symboles significatifs du parc, et par l’arôme mellifère intense des Codesos du Sommet et des Retamas du Teide, respectivement garnis de fleurs jaunes et blanches. Une infinité de plantes et de bruyères peuplent les fissures, roches et crevasses du chaos rocailleux des Cañadas : l’abondante Hierba Pajonera, la sensible  Alheli, la fleur du Malpaís…

Plus loin, dans les parois les plus hostile des pentes du Teide, vivent quelques plantes rupicoles (qui vivent dans les parois) accrochées aux fissures comme le Pastel de Rico et le Sayón, et survivent même quelques exemplaire du Cèdre Canarien, décimé par son utilisation intense dans le passé.

Dans les niveaux les plus faibles du parc et vers les vallées extérieures, le Pin Canarien forme une véritable pinède. Comme couronnement pour les visiteurs les plus sportifs, engagés dans l’ascension du sommet, nous devons mentionner la singularité et l’importance des plantes qui résistent aux conditions environnementales les plus dures pendant la périodes florale éphémère, parmi celle-ci : la fameuse Violeta du Teide, la Hierba Conojera.

En profitant de cette explosion printanière, et servant de moyen pollinisateur, se donnent rendez vous ici un millier d’espèces d’insectes et d’autres petits animaux, en formant un univers parallèle miniature complexe plein d’espèces également exclusives du Teide ou des Îles Canaries.

Il vous sera facile de localiser beaucoup de ces habitants étonnants qui sont nourris et protégés par les feuilles et les fleurs : des papillons et leurs larves, les chenilles, les lépidoptère…

Les insectes chasseurs abondent également : l’emblématique Aculepeira annulipes, la mante religieuse ou les mouches chasseuses comme le Promachus Vexator. 

En effet il est certain que la condition insulaire provoque la diminution de la diversité d’animaux de grande taille. Cinq types de chauve-souris, deux reptiles (le lézard Tizon et le Lisa), un certain nombre d’oiseaux, et quelques mammifères importés (lapins, hérissons).

Pour les visiteurs les plus patients et avec certains dons naturalistes, se présente la possibilité d’observer le Pinson du Teide, admirable par son plumage bleu cobalt; un oiseau pas très revêche, habitant pas très habituel de la pinède Canarienne dans les niveaux les plus bas. Dans ces mêmes lieux et avec un peu de chance, vous pourrez peut être observer certains groupes de Canaris, plus verdâtres que leurs parents en cage.